Là où le rêve rencontre la réalité : six jours dans le sud de la France

Nous sommes dans le sud de la France depuis cinq jours. Nous avons commencé par La Seyne‑sur‑Mer puis, poussés par les circonstances, nous avons déménagé à Saint‑Tropez. Je sais que cela peut sembler paradoxal de me plaindre en étant ici, mais c’est pourtant la réalité. Ces derniers jours ont été un petit choc, surtout après le calme et le confort de la Dordogne et de Carcassonne.

Je ne sais pas quels standards ont les autres, mais pour moi, la normalité en vacances signifie une chambre propre, qui sent bon, un lit et des draps impeccables, une douche moderne et assez d’espace pour bouger sans se cogner partout. Et pour nous, qui partons pour de longues périodes, une machine à laver fonctionnelle n’est pas un luxe, mais une nécessité. Je ne demande pas grand‑chose — même pas une cuisine, puisque je n’ai aucune intention de cuisiner en vacances.

Eh bien, il semble que mon expérience ici, dans le sud de la France, laisse beaucoup à désirer en matière de confort. Lorsque j’ai réservé l’appartement « luxueux » de La Seyne‑sur‑Mer — tel que présenté par le propriétaire sur Booking.com — j’ai cru, avec ma naïveté habituelle, qu’il serait réellement luxueux. Pas comme à Santa Monica, en Californie, mais au moins un peu dans cet esprit.

La réalité fut tout autre : je n’ai jamais vu des chambres aussi minuscules, si petites que nous n’avons même pas pu y mettre nos valises et les avons laissées dans le couloir. Les douches et les toilettes étaient tellement étroites qu’on y entrait à peine, tout était rongé par la rouille — probablement à cause de l’air salin — et il y avait des fourmis au sol. Le seul avantage réel était que l’appartement était effectivement situé sur la plage.

En entrant, on s’est littéralement pris la tête entre les mains — on n’en revenait pas. Et cela après presque sept heures de route, déjà épuisés. En prime, l’équipe de nettoyage n’avait même pas fini après les clients précédents.

Nous avons fait comme nous avons pu ce soir‑là. Nous avons laissé Anna à l’appartement et sommes sortis avec George pour explorer les environs : la plage, les alentours, les magasins. Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant, espérant récupérer après cette longue journée — mais cette expérience fut, elle aussi, un nouveau traumatisme. Le steak était plein de nerfs et de gras, presque cru, les frites étaient carbonisées, et l’addition s’élevait à environ 80 euros. George a insisté pour payer et partir, en laissant tout intact. J’aurais protesté, mais j’étais trop épuisée.
Nous avons ensuite trouvé un restaurant indien où nous avons enfin mangé quelque chose d’acceptable. Et c’est ainsi que nous avons survécu à la première nuit.

Le lendemain, je n’ai plus tenu psychologiquement et j’ai déposé une plainte sur Booking — je suis devenue experte à ce jeu‑là. 🤦🏻‍♀️ Deux heures après ma première réclamation, je reçois un message du propriétaire : il nous rembourse intégralement, mais nous devons partir le jour même. Assez choquant, surtout qu’il a mentionné, l’air de rien, qu’il avait d’autres clients le lendemain dans le même appartement « luxueux ».
Ma conclusion ? Les gens d’ici, dans le sud de la France, sont des escrocs de la pire espèce.

Bref, nous avons refait nos bagages, sommes montés dans la voiture et, complètement désorientés, avons essayé de comprendre où aller. Il nous fallait de toute façon un logement pour les cinq nuits suivantes, puisque nous partons ensuite pour la Suisse. Après quelques longues minutes d’hésitation, George a tranché : direction Saint‑Tropez.
Son choix avait probablement quelque chose à voir avec le film de Louis de Funès, Le Gendarme et les Gendarmettes, mais je n’avais plus la force de commenter. J’étais déjà au bout du rouleau.

Nous avons donc cherché rapidement quelque chose à Saint‑Tropez, cliqué sur « réserver » et voilà. Avec Dieu pour nous guider, comme on dit. Après environ deux heures pour parcourir les 68 kilomètres entre les deux endroits — oui, ici la circulation peut rendre fou — nous sommes arrivés. Et… nouveau traumatisme.

Lorsque j’ai réservé l’appartement, les photos sur Booking montraient quelque chose de moderne : une douche spacieuse, de grandes pièces, tout impeccable. En réalité, nous nous sommes retrouvés dans une habitation presque rupestre, en plein cœur du port de Saint‑Tropez, une maison d’environ 200 ans, probablement celle d’anciens pêcheurs. Tout est en pierre, recouvert d’une épaisse couche de peinture, et les escaliers sont si étroits qu’il faut se pencher et se faufiler de côté pour passer. Pour ceux qui ont vu Les Visiteurs avec Jean Reno, chaque fois que je descends ces escaliers étroits et en spirale, j’ai l’impression d’entrer « dans les couloirs du temps ». Ou dans une habitation troglodyte de Derinkuyu. J’y étais il y a deux ans. 😁

Comme les miens sont déjà secoués par toute cette épopée de logements ratés, je me suis retenue héroïquement de déposer une nouvelle plainte sur Booking. Je résiste avec des efforts surhumains à chaque minute passée ici. Mais ce n’est que jusqu’à demain… puis nous partons pour la Suisse.

Maintenant, parlons de Saint‑Tropez. Je ne peux pas dire que les anciens villages de pêcheurs transformés en destinations « glamour » m’attirent particulièrement. Le port est pratiquement un Portofino à la française : des bâtiments vieux de deux ou trois siècles, jamais vraiment rénovés, transformés en vitrines pour des boutiques hors de prix, tandis que les millionnaires garent leurs yachts à deux pas pour être sûrs d’être vus.

La zone du port est en fait le centre‑ville, pleine de magasins de luxe et de boutiques tape‑à‑l’œil, où les gens fortunés viennent acheter des cadeaux pour leurs partenaires — parfois visiblement plus jeunes — qu’ils promènent le soir sur la promenade. C’est une faune à part, difficile à décrire : Russes, Italiens, Ukrainiens, la plupart bien au‑delà de la jeunesse, mais avec des yachts impressionnants amarrés à quelques mètres.

La plage est belle et bien entretenue, mais le sable n’a pas la finesse des Caraïbes, et les coquillages vous piquent les pieds à chaque pas. La mer, en revanche, est magnifique — peut‑être le seul élément qui justifie vraiment d’être ici.

Ici… George, spécialiste de la socialisation spontanée, qui trouve instantanément quelqu’un avec qui bavarder pendant au moins une heure.

Peut‑être qu’à l’époque où Louis de Funès tournait Le Gendarme et les Gendarmettes, l’endroit avait un charme authentique ; aujourd’hui, l’atmosphère est dominée par des yachts opulents et une galerie bigarrée de messieurs âgés et très riches, venus exhiber leur fortune et la compagnie de femmes aux intentions… disons, discutables.

Quant à moi, je ne me vois pas revenir ici de sitôt — sauf si je me perds vraiment.


Discover more from "The world is your oyster".

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Leave a comment