Hier, nous sommes arrivés à Berne, cette ville qui impressionne par son calme médiéval. George avait proposé de visiter un musée, mais mon cerveau est momentanément en pause sur ce chapitre, alors Anna et moi avons préféré explorer la ville. Malheureusement, nous sommes tombées en plein épisode de canicule, avec plus de 30°C, de quoi transformer n’importe quelle promenade en petit test de survie urbaine.
Berne est la capitale de la Suisse, et cette fois‑ci nous n’avons eu le temps de voir que la vieille ville — c’est là que nous avons « déposé » George au musée avant de partir à la découverte de la ville. Même ainsi, flâner dans l’Altstadt (la vieille ville) offre un excellent résumé de l’histoire bernoise, car tout ici porte encore l’empreinte du Moyen Âge.
En bref, l’histoire de Berne commence en 1191, lorsque le duc Berthold V de Zähringen fonde la ville comme avant‑poste entre le monde germanique et le monde bourguignon. Après la disparition de la dynastie des Zähringen en 1218, Berne devient une ville impériale libre et commence à s’étendre, jusqu’à ce qu’en 1353 elle rejoigne la Confédération suisse et devienne rapidement l’un de ses membres influents.
Un moment décisif survient en 1405, lorsqu’un immense incendie détruit la ville construite en bois. La reconstruction se fait en grès — raison pour laquelle la vieille ville arbore aujourd’hui cette teinte verdâtre, uniforme et élégante. Et en 1848, Berne devient la capitale politique de la Suisse, un rôle qu’elle conserve encore aujourd’hui avec le même calme imperturbable.








La ville est très belle et étonnamment paisible. Elle te charme par sa simplicité.
Les habitants sont très discrets et vaquent à leurs occupations, un peu comme les Canadiens : ils n’entrent pas dans ta vie à moins que tu ne leur demandes quelque chose. Ils s’habillent de manière sportive et confortable, probablement aussi à cause de la chaleur écrasante de ces jours‑ci. Aucun étalage de luxe ici, rien à voir avec Saint‑Tropez où chaque trottoir se prenait pour un podium. À Berne, l’ambiance est bien plus simple et sans la moindre ostentation.
La seule chose qui m’a sortie de mon zen bernois, ce sont les prix, qui semblent fixés par quelqu’un doté d’un humour très sec. L’essence est à 1,80–1,90 franc suisse le litre (3,16–3,34 CAD $), ce qui n’aide pas du tout à atténuer l’impression générale que tout est cher ici. En France, un sandwich coûtait 4–5 euros ; ici, la même baguette atteint 8–10 francs suisses, et une bouteille d’eau d’un litre coûte 2,50 francs. Un burger avec frites et Pepsi au McDonald’s est à 20 CHF, soit 35,14 CAD $. Des prix… suisses. 🤦🏻♀️
J’ai demandé à un habitant, qui m’a dit que le salaire moyen est de 70 000 francs suisses — très bien pour eux, mais mon portefeuille ne s’est pas senti réconforté pour autant. Comparée à ça, la France paraît presque une destination low‑cost. 😩
Et si je compare avec le coût de la vie au Canada, finalement on s’en sort plutôt bien. Il ne fait peut‑être pas aussi chaud et agréable chez nous qu’ici, mais au moins on n’a pas besoin de vendre un rein pour vivre au jour le jour.
J’allais oublier l’aventure de George à Berne, après l’avoir laissé au musée d’histoire pendant qu’Anna et moi explorions la ville. Évidemment, il a fini dans un stand de tir. 🤦🏻♀️
Les Suisses sont particuliers pour une autre raison : leur relation avec les armes et le tir. Ici, tirer à la cible n’est pas seulement un loisir, mais une tradition nationale profondément enracinée — il existe des centaines de stands de tir, littéralement partout, et ce sport est considéré comme aussi normal et naturel que faire du vélo.

En Suisse, les armes de tir sont une présence parfaitement normale : les jeunes transportent leurs fusils déchargés vers et depuis le stand sans que personne ne sourcille, car la loi autorise le transport d’armes sportives en public tant qu’elles ne sont pas chargées. Ce qui n’est pas permis, en revanche, c’est de les porter chargées dans la rue — pour cela, il faut un permis spécial presque impossible à obtenir. Voilà comment nous nous sommes retrouvés à voir ce groupe de jeunes avec leurs fusils sous le bras en sortant du tir et en s’arrêtant chez Migros. Apparemment, c’est parfaitement banal pour les locaux. 🤦🏻♀️

Que dire de plus ? La Suisse s’avère être un pays fascinant de bien des façons inattendues.
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