Le programme d’hier a été plutôt léger pour moi et Anna, tout simplement parce que je suis épuisée physiquement. Je dors peu, et le vacarme extérieur n’aide en rien. Petite parenthèse : chez nous, on se réveille au chant des tourterelles, sinon c’est le silence absolu. Pas de voisins d’un côté de la maison, juste un petit bois, et ceux de l’autre côté sont d’une tranquillité exemplaire.
Alors ici, le choc est immense quand il y a du bruit dans la rue de 7 heures du matin à 3 heures du matin. Hier, les gens de la terrasse en bas ont chanté jusqu’à s’en enrouer — c’était l’anniversaire de l’un d’eux et ils ont poursuivi leur « récital » jusqu’à ce qu’on les mette dehors à la fermeture.
Je ne comprends toujours pas quel rythme de vie ont ces gens ni quel travail les attend le lendemain… Je me demande comment les Parisiens arrivent à vivre dans un tel tumulte. 🤦🏻♀️ Peut‑être que pour eux, c’est tout simplement normal.
Hier, je suis restée plus longtemps au lit, essayant d’ignorer le vacarme autour de moi. À 6h30, le camion de recyclage a décidé que c’était le moment idéal pour vider les conteneurs de verre. Impossible de décrire les décibels produits par le fracas des bouteilles, se heurtant entre elles puis contre le métal du camion. Pendant une seconde, j’ai cru participer à une expérience acoustique. Paris, fidèle à lui‑même : jamais subtil, toujours efficace. 🤦🏻♀️
Après avoir survécu à ce réveil sonore de 6h30, j’ai pris une douche pour me remettre mentalement, je me suis habillée et je suis sortie chercher une boulangerie. Ici, les tentations sont à chaque coin de rue, et moi, grande amatrice de glucides, je m’adapte dangereusement vite au petit‑déjeuner parisien. Je ne sais même plus si c’est de l’adaptation ou de la capitulation.
Une chose qui me surprend constamment, c’est à quel point la nourriture est bonne ici. Par rapport à l’Italie, où tout est « wow » surtout en théorie, ici je retrouve vraiment ce goût de chez moi, une cuisine faite avec le cœur, pas seulement avec du marketing. Et nous ne sommes absolument pas du genre à traquer les restaurants étoilés ou les avis interminables. Quand on a faim, on regarde autour et on s’assoit à la première table libre. Simple. Et pourtant, jusqu’à présent, jamais une fausse note. Les Français savent vraiment cuisiner.
Après le petit‑déjeuner, je suis retournée à la chambre et j’ai réveillé Anna avec un pain au chocolat agité stratégiquement sous son nez. George a refusé toute tentation — nous avions des billets pour le musée d’Orsay et rien ne pouvait le détourner de son objectif.
Nous deux, en revanche, avons décrété une journée libre. Trop de musées dans cette ville, on dirait qu’ils poussent à chaque coin de rue. J’ai besoin d’une pause mentale, sinon je risque de confondre Monet et Manet sans même cligner des yeux.
Ensuite, j’ai attendu qu’Anna se prépare. Une heure, minimum. Pour elle, sortir de la chambre est un processus en plusieurs étapes : changement de tenue, maquillage, parfum, retouches, réévaluations existentielles. Honnêtement, je pense que son futur mari va en souffrir.
Moi, en revanche, je suis prête en cinq minutes. Ça aide aussi d’avoir oublié tous mes produits de beauté à la maison — une décision involontairement sage, semble‑t‑il. 😁
Quand nous avons enfin réussi, après de grands efforts logistiques, à sortir de la maison, il était presque midi. Il venait de pleuvoir, les rues étaient plus propres que jamais, et les tilleuls en fleurs dégageaient exactement le parfum de mon enfance à Bucarest. Un moment si beau que j’en ai presque oublié combien j’avais attendu.
Nous avons flâné tranquillement jusqu’à Montmartre, près du Forum des Halles. Un endroit plein de magasins et d’agitation, avec des escalators qui vous emmènent dans toutes les directions. Nous avons exploré un peu et, sans nous en rendre compte, nous sommes arrivées à la Pharmacie du Forum des Halles.


Si vous ne trouvez pas quelque chose ici, c’est que ça n’existe probablement pas.
Pour les non‑initiés : en plein 1er arrondissement, au cœur du Forum des Halles, se trouve La Grande Pharmacie du Forum — la plus grande pharmacie de Paris et, en bonus, de toute la France. On parle de 2 000 m² de crèmes, comprimés, sirops et tout ce que vous pouvez imaginer, plus de 40 000 produits. Un véritable Disneyland de la pharmacie. Et ce n’est pas étonnant qu’elle accueille jusqu’à 1 200 personnes par jour.
…Ce qui tombe bien, puisque j’expliquais plus haut que j’avais oublié mes cosmétiques à la maison. 🤪
On y trouve toutes les marques imaginables — crèmes, cosmétiques, soins, médicaments. Impossible d’en faire le tour en une seule journée. Et vu les prix très attractifs, la tentation est immense. Vraiment immense. 🤪
Après avoir passé un bon moment à l’intérieur et en être sortie avec un portefeuille visiblement allégé, nous avons retrouvé George, tout juste sorti du musée d’Orsay. Il nous a raconté à quel point c’est magnifique. Nous ne l’avons pas encore visité, mais nous y retournerons.

Puis l’inspiration nous a frappées : et si on trouvait un bus à impériale pour faire un vrai tour de la ville comme de vraies touristes ? Nous avons cherché rapidement en ligne, trouvé Big Bus Tours, rejoint leur premier arrêt et sauté à bord, prêtes pour l’aventure.
Pour une première fois à Paris, ces bus touristiques sont une alternative formidable quand vos pieds n’en peuvent plus de battre le pavé. L’itinéraire couvre toutes les zones importantes du centre, l’audioguide existe dans toutes les langues possibles et vous voyez tout sans vous épuiser. Je regrette de ne pas avoir fait ça dès le premier jour.






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