Hier, nous avons quitté la vallée de la Loire pour rejoindre la Dordogne, à Vézac, où George a décidé qu’il était temps de revenir à nos racines. Aux vraies racines. Version Cro‑Magnon. La région est remplie de grottes ornées, d’abris sous roche et de sites archéologiques ; la vallée de la Vézère, surnommée la Capitale de la Préhistoire, regorge de lieux préhistoriques célèbres. Lascaux, Les Eyzies, Roque Saint‑Christophe, Cap Blanc — tout est à deux pas. Ici, chaque falaise semble porter une histoire vieille de dizaines de milliers d’années.
La route Langeais–Vézac fait environ 300 km, mais nous avons réussi l’exploit de l’allonger considérablement. George nous a prévenus qu’il était impensable de traverser la région sans visiter « les deux Poitiers » : la bataille de 732 et celle de 1356. Nous avons donc fait un détour historique, cochant deux champs de bataille, deux époques et… zéro restaurant ouvert dans les environs. Mais George était ravi, et apparemment c’est ce qui comptait.
Je dois absolument faire une parenthèse : Paris et la France profonde n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Rien du tout. Si Paris est synonyme de chaos, de klaxons et de course permanente, la France profonde semble baigner dans une harmonie naturelle : propreté impeccable, ordre, paysages soignés, gens polis et une hospitalité authentique. La gastronomie y est remarquable : des plats impeccables, préparés avec des produits locaux et selon des traditions culinaires préservées avec soin. Ces dernières années, la France a adopté des règles strictes concernant les pesticides et les traitements chimiques, ce qui rend les ingrédients propres, authentiques et sains. L’atmosphère est tellement différente de Paris que, sans voir le nom du pays sur la carte, on pourrait croire avoir changé de monde.


Nous sommes arrivés à notre hébergement juste au moment où la nuit s’apprêtait à tirer les rideaux. Nous étions épuisés, après avoir arpenté des champs de bataille jusqu’à vider nos batteries. Mais en arrivant… surprise totale. La maison est immense — six lits, quatre salles de bain, et assez d’espace pour une équipe de rugby. Nous sommes perchés sur une colline avec une vue digne d’un magazine, nous avons une piscine et, attention, une pension pour chats. Anna et George sont en extase : tant de petites boules de poils à câliner qu’ils risquent de ne plus vouloir repartir.

Nous allons passer quatre jours ici. On n’entend que le bourdonnement des abeilles, le chant des oiseaux et le vent qui traverse les arbres. Après la folie parisienne, c’est comme si quelqu’un avait appuyé sur le bouton « mute ». Enfin, le silence.

Aujourd’hui, nous avons décidé de ralentir. Nous nous sommes offert une journée de repos, sans plans et sans précipitation. Nous sommes sortis seulement le matin pour acheter de quoi manger, puis nous nous sommes réfugiés à la piscine, au soleil, laissant la fatigue des derniers jours se dissiper. Nous avons vu des touristes qui pédalent des dizaines de kilomètres pour visiter des châteaux — ici, cela semble être un véritable sport national — mais aussi d’autres qui préfèrent la version détente des vacances. Je crois qu’il est temps de rejoindre ce deuxième camp.

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